Petite anecdote avant de reprendre le cours du voyage. Lors de la traversée vers l’île Sainte Marie, le propriétaire du bateau, Philippe, me dit : « on va vers Lonkin puis après en body foot vers le sud : sans problème » Je n’ose lui demander la signification d’une navigation en body foot. J’imagine : pousser par le courant ou par le vent … Finalement, il parlait de la capitale de l’île : Ambodifotatra. En malgache, on ne prononce pas la fin des mots : Lonkin = Lonkintsy, Manum = Manumpana, Mananar = Mananara …)
Donc je vous ai quitté alors que je viens de passer 2 jours dans la morne ville D’Ambodifot. Vers le sud, que des hôtels, vers le nord, il n’y a rien à faire me dit un touriste installé à Mada : va donc pour le nord !
Je loue un vélo, le meilleur possible. C’est-à-dire un premier prix Lidl bradé lors d’un trocathlon. J’installe mon sac à dos sur le porte-bagages et en avant Simone.
La ballade est superbe jusqu’à l’extrémité nord : la piste longe la plage et est parfaite pour le vtt car très roulante. Je passe un peu de bon temps dans une crique de rêve et j’arrive à l’hôtel « chez Antoine ». En fait, les hôtels malgaches sont surtout composés de bungalow en ravanal, l’arbre emblème du pays: j’adore.
Là je retrouve Louise et son frère Antoine, des parisiens pas du tout tête de chien. Je les avais aperçus dans un bar, 2 jours avant. Louise me fait un peu penser à Lolo de Tahiti. Ceux qui la connaissent en déduiront qu’on s’est tout de suite bien entendu. Antoine a une culture musicale, en particulier reggae étonnante. On va se balader pendant 4 jours dans le nord de l’île, eux à pied, moi à vélo. Comme mon moyen de locomotion est plus rapide, ils m’entraînent dans un raccourci par les rizières. Le vélo-amphibie, c’est déjà plus technique.
On se quitte, car je prends la piste de l’est et eux compte faire du stop. A Madagascar, les routes sont de trois types : goudronnée (60 km/h), en sable (20 km/h) et en argile. Dans ce dernier cas, que tu sois à pied, en vélo ou en 4x4 brousse, tu avances à la même allure et tu finis couvert de boue.
On se retrouve le soir à l’île aux Nattes. En fait, nous passerons 9 jours ensemble, car leur voyage se termine. Je rencontre un vazah (étranger en malgache) en retraite qui recense toutes les compositions en céramique du monde musulman. On s’amuse à retrouver le lieu de telle ou telle figure (Samarkand, Boukhara, Dogubeyazit, Chefchaouen …) et entre deux discussions et un café, on observe les baleines qui passent au large : la vie est dure à l’île aux Nattes.
Le lendemain, Louise nous entraîne, Antoine et moi chez un riche propriétaire d’hôtels qui va en ouvrir un au sud de l’île : on est accueilli comme des rois, après une traversée de l’île de nuit (sans pouvoir trouver quelqu’un pour nous guider, car, la nuit, les fantômes rodent).
Le matin magie : du bungalow, on a une vue unique sur le lagon dont la barrière est à 1,5km, cocotiers, eaux cristallines … Après trois jours, retour à en body foot où le directeur de la banque nous fait découvrir la boite de l’île : la case à Nono, où se côtoie tout le monde, depuis le maire jusqu’aux jeunes rappeurs. On se couche à 3h30 pour se lever à 5h et prendre le bateau qui nous ramène sur la grande île. On se quitte, snif, snif, mais on se reverra.
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