Je vous jure que je rigolais, quand je disais que je voulais du mal à Mehdi et Marjo ! Je viens de lire leur mail, ils ont fini la traversée Mada-Ste Marie ... à la nage, leur bateau (celui que je leur avais recommandé, il me semble bien) a coulé dans le port d'arrivé (les photos sont sur Facebook avec celles du parc Mananara Nord…).
Passons sur le parc national près de Mahajunga : bof. Ah si, il y a un canyon de toute beauté, uniquement du à l'érosion de la pluie et du vent ! Par contre difficile de ne pas s'énerver quand on voit le service proposé par l'Angap, société d'Etat qui gère les parcs nationaux, au vu des prix proposés. Encore des membres de la grande confrérie : "les touristes, on s'en fout, de toute manière ils ne reviennent pas".
J'ai décidé de passer les derniers jours dans le centre de Mada. Je commence par le plus au sud de mon périple malgache : Ambositra, prononcé "en bouche". C'est la capitale du travail du bois, en particulier de la marquéterie. Trop chouette : la prochaine fois j'arrive avec un modèle et je demande à un artisan de me le reproduire. C'est dingue ce qu'ils font, et faut voir leurs outils. Par exemple, leurs lames de scie sont faites à partir d'armatures de pneu ! Et je ne parle pas du tour à bois.
Je me suis laissé embrigader dans une drôle d'aventure : un retournement de morts. Bon chez nous les morts se retournent tous seuls dans leur tombe, il suffit d'être désagréable avec eux. Dans les hauts plateaux de Madagascar, c'est un peu le même style : pour que les ancêtres continuent de te protéger, il faut les remballer dans un linceul tout neuf au moins une fois. La fête ressemble un peu à un mariage chez nous : familles, voisins et amis sont invités. La famille dépense beaucoup d'argent, des zébus sont même sacrifiés. Un orchestre assure l'animation toute la journée, les joueurs de flûtes sont rigolos, ils soufflent en mettant la flûte sur le côté de la bouche.
Au programme : repas ; comme je suis invité d'honneur, je mange avec la famille proche. C'est une super occasion de découvrir l'intérieur d'une maison Betsoa, l'ethnie en question. Je suis d'autant mieux accepté que je fournis des cadeaux (argent et surtout rhum). Bon je ne sais pas si c'est le rhum, le soleil ou leur espèce de gnôle au sucre de canne, simili alcool à 90°, mais j'ai fini avec un gros mal de tête ! J'ai même eu le droit de participer à l'achat du zébu qui sera sacrifié la prochaine fois : et là c'est le concours de remerciements. Les Malgaches ont un drôle de jeu, ça consiste à parler le plus longtemps possible en évitant ou en contournant, le sujet à aborder. Même moi j'ai du participer à ce concours de remerciements. Au programme de la journée : repas (riz, zébu, rhum), danse, cadeaux à la famille, scrupuleusement notés par un comité, et concours de remerciements.
Quand le devin le décide, nous partons vers le tombeau et deux corps sont sortis. La famille les enveloppe d'un nouveau linceul et danse avec eux. A la tombée de la nuit, je pars car l'alcool commence à faire son effet sur certains membres de l'assemblée. Celui qui me servait d'interprète m'a dit que le samedi précédent, il y avait 6 retournements dans les environs, il a fait la tournée avec ses copains, choisissant celui où on s'amuse le plus, un peu comme dans une feria !
De retour à l'hôtel, un photographe me montre ses photos, et me conseille de finir mes vacances dans une réserve animalière à 70km à l'est de Tana. Je change encore mon programme et j'y étais aujourd'hui : des caméléons, des geckos, des papillons splendides... et bien sûr des lémuriens.
Je suis à Tana et je pars dimanche 24 août.
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