25/ Yak...a

Récits de voyage > journal de voyage
Chine - Yushu (Jyekundo)
de Luc, le 26-09-2009

25/ Yak...a

Sepulveda situait le bout du bout du monde en Terre de feu, va falloir que j'y aille faire un tour pour comparer parce qu'ici...
Imaginez Le vercors, le plateau situe a 4000m d'altitude, des "petites collines" et de la belle montagne, les glaciers en plus, mais discret car les vallees sont si vastes. On remplacera les skieurs et les vaches par des yaks, les quelques yourtes par des nombreuses tentes en poils de yaks de (semi- ?) nomades, la Bourne par une vrai riviere de chez riviere et les distances seront multipliees par...
En fait non, oubliez la comparaison. Gardez en tete les merveilles du Vercors et venez voir par vous-meme le Tibet.
Bon, il ne faut pas etre allergique a l'odeur du yak. Odeur qui revient souvent, chez vos voisins de bus, dans les plats, dans le the, peut-etre meme chez moi, vous saurez pourquoi plus tard.

Il y a deux jours, je me suis arrete a Seshu Gampa. C'est une ville construite a cote d'une grande lamasserie. Comme dans tous les villages, les maisons sont en pise avec une facade en bois, la deforestation est importante. Plus de bois et plus de couleur dans les villes. Les bouses de yaks sont plaquees sur les murs d'enceinte des maisons, elles sechent au soleil.
Les moines sont partout dans la ville et encore, on m'a dit que la plupart d'entre eux sont en vacances pendant 10 jours, information recu d'un jeune moine ayant appris l'anglais en Inde pres du Dalai Lama. Le reste de la population porte le plus souvent le costume traditionnel. La population tibetaine est toujours aussi sympathique, impossible d'oublier la traduction de "bonjour" : tra ji dela.
J'aime me ballader avec les Tibetains. La ballade a toujours un but : on fait un circuit, le but est de tourner autour d'un maximum de stupas, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. J'en ai vu qui shuntaient les petits, pas beau. Parfois, on finit autour d'un monastere et alors on tourne des dizaines de moulins a prieres. Moi, ce genre de ballades m'amuse beaucoup, je suis peut-etre reste tres gamin. J'ai passe la nuit dans "l'hotel" de la ville. Hotel assez proche de ceux rencontres au Tibet : relativement propre, les couvertures remplacent le chauffage, des sanitaires relegues au fond du couloir et pas du tout aux normes occidentales - pas de douches, toilettes qui ne ferment pas... et de nombreuses chambres vides. D'ailleurs, dans celui-la, quand je demande la cle de la chambre, on me donne la cle de la grille de l'hotel : ambiance Shining, car seul dans un hotel qui a bien 40 chambres. La coupure d'electricite pour la nuit, accentue la sensation.
La communication devient assez complique, car le chinois n'est pas tres connu et peu savent le lire dans ces contrees sauvages. Pour prendre le bus, la technique est simple : il faut s'assoir a un emplacement strategique ; c'est-a-dire la ou le bus passera et attendre "le" bus ou le bon. Il n'est meme pas utile d'aller a la gare routiere, s'il y en a une, car le chauffeur fera autant d'arrets que necessaire. Parfois quelques metres entre deux arrets, mais ca c'est comme toujours dans ce genre de contrees. Pour savoir quel bus prendre, il suffit de connaitre les signes chinois correspondant a la ville terminus. Par exemple Ganzi commence par un but de rugby (internet cafe par un but de foot), Yushu commence par une antenne avec une virgule suivi d'une femme. Et nous voila parti pour quelques heures de paysages grandioses. L'ecriture chinoise est passee d'un obstacle infranchissable a un jeu. Je conseille a tous ceux qu'Alzheimer guette d'apprendre le chinois, ca fait sacrement travailler les boyaux de la tete et ouvre la porte d'une civilisation fascinante ; une d eplus dans mes souvenirs.
La communication la plus simple reste pour payer quelquechose. Ils ont un systeme ingenieux qui leur permet de compter jusqu'a 9 avec les doigts d'une seule main. Ils pourraient compter jusqu'a 99 avec les deux mains ; malheureusement, ils ne le font pas.
Pendant les trajets, impossible de compter le nombre de troupeaux de yaks, c'est plus facile pour les chevres et il y a des vaches jusqu'a 3500-4000m. Les aires de campings sauvages sont innombrables et on serait sur d'avoir du lait frais le matin ; pour ca, il suffit de savoir traire une yak. L'autre jour, on a eu le droit a une belle animation : la route etait coupee parce que des ouvriers coulaient du goudron. Du coup, on s'amusait a voir les voitures contourner le probleme en passant dans les paturages et a determiner quels conducteurs allaient s'embourber. tiens en parlant de voiture, comme ils ne manoeuvrent jamais, du coup les tuyaux des pompes a essence sont beaucoup plus long que chez nous.
Toujours cote animal, j'allais oublier Leurs chiens, qui sont de la race "gros wouf-wouf", certainement tres efficaces pour faire fuir les loups ou conduire un yak de 500kg.

Plus je suis proche de la province du Tibet, plus les controles de police sont nombreux. D'ailleurs, ici a Yushu, les policiers "paradent" dans la rue.
D'ailleurs, je ne sais pas de quoi les autorites chinoises ont peur, mais il y a des portiques de securite a l'entree de toutes les gares (trains, metro, autocar...). Peut-etre ont-t-elles peur de ses citoyens. Partout ? sauf dans les regions a majorite tibetaine et heureusement, car les hommes cachent un long couteau sous leur costume traditionnel. Malheureusement, je n'ai vu aucun d'eux dans une grande ville. Dommage, le spectacle aurait pu etre sympathique. En fait, si, les portiques sont presents dans ces regions, ils prennent la poussiere tranquillement dans un coin ! parfois, on nous force a deposer les bagages dans le scanner alors qu'il n'y a personne devant l'ecran de controle. Et si tu passes plusieurs fois la porte, tu deposes a chaque fois tes bagages, meme si tu n'es pas sorti de la gare. De toute maniere, le bus continue de se remplir pendant le trajet, deja juste en sortant de la gare routiere et meme il emporte des colis d'un village a un autre. alors leur plan vigipirate : prout ! Il faut voir aussi comment sont proteges les conducteurs de taxi, on se croirait dans le Bronx.

A Yushu, je fais peter le budget : 80 yuans pour la chambre, soit plus de 8 euros. Mais c'est le grand luxe, j'ai les sanitaires, le telephone et la tele dans la chambre. Bon d'accord, le telephone sonne souvent, la tele ne recoit que des chaines chinoises et l'eau chaude est a volonte, mais dans une thermos. La tele semble plus importante que la douche aux yeux des Tibetains.

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
17/11/2009 : 31/ Ca s'est passe a Pakse
07/11/2009 : 30/ Suis-je "friendly" ?
04/11/2009 : 29/ Laos... des prix, mais encore ?!
22/10/2009 : 28/ En majorite des minorites
11/10/2009 : 27/ Ceux de la sacoche... et les autres
02/10/2009 : 26/ Ca y est, je suis a Xiahe
24/09/2009 : 24/ Calme en pays Kham
20/09/2009 : 23/ Au fin fond de la Chine, il y a des Chinois
14/09/2009 : 22/ Modification des activites des Chinois en 2000 ans
12/09/2009 : 20/ Un peu de la faune de la "Far east youth hostel"
09/09/2009 : 19/ Moi et les Chinois
29/08/2009 : 17/ Y a toujours pas de malaise
28/08/2009 : 16/ C'est la fin...
23/08/2009 : 15/ Delit de sale gueule
20/08/2009 : 14/ Retour au Sri Lanka


Autres liens :

Tags
Chine - Sichuan - Kham - Yushu - Sershu - Tibet - 25/ Yak a - Yushu (Jyekundo) -