Depuis Xiahe, je vais a Tongren, Repkong en tibetain. La route du nord de Tongren est fermee aux occidentaux, tout du moins a moi ; je passe par l'est... sans probleme ! Le virus H1N1 ne s'attrape que par le vent du sud, c'est bon a savoir.
Dans le bus, je sympathise avec deux Allemands, Martin et Erik. Ces deux cyclistes voulaient aller a Lhassa sans le fameux permis obligatoire pour entrer dans la region du Tibet. Les autorites les ont obliges a sortir du train, les velos continuant sans eux jusqu'a Lhassa. Du coup, ils visitent les environs, sacoches a la main, en attendant le precieux visa. C'est quand meme plus pratique en sac-a-dos.
Durant le trajet, une vendeuse a la sauvette propose des yaourts. Tout le monde en veut ; et je comprend pourquoi, ils sont si savoureux.
A Tongren, nous visitons le monastere de Wutun Si, Si voulant dire monastere en chinois. Ce lieu est tres repute pour la production de Thangka, peintures bouddhistes. Je craque pour deux d'entre elles, comment les faire parvenir en France ?
Les deux Allemands me parlent d'un couple de Francais qui sont partis en tandem de France et qui ont passe la frontiere Chine-Kirghizie avec eux.
Je redescend ensuite vers Yushu et retrouve avec plaisir le pays Kham, une des merveilles du monde. Yushu est une ville de 300 000 habitants et qui a donc une gare routiere. Mais peu de bus s'y arrete. En fait non, il y a plusieurs gares routieres disseminees dans la ville. Quand je dis gare routiere, il s'agit d'un bus qui s'arrete a un endroit precis d'un trottoir. tres, tres pratique pour les etrangers donc ! Sur un de ces bouts de trottoir, je rencontre Cornelius, encore un Allemand, qui lui s'arrete a Sershu Gompa, le village du bout du monde dont j'ai deja parle. C'est un jour de marche, les Tibetains en habit traditionnel sont nombreux au rendez-vous, ouaouh. Je m'arrete plus au sud, a Gansi. A Gansi, on m'assure qu'il y a un bus pour Litang, ma prochaine destination. Alors que je cherche ce bus, je rencontre quatre Americains, travaillant a Chengdu, qui me proposent d'aller a litang avec eux, en minibus. Le fameux bus n'existe pas ! Tout le long du trajet, nous restons en altitude, autour de 4000m. mais le paysage change : beaucoup d'arbres et finalement des forets. Nous avons de la chance, les couleurs automnales arrivent. Pendant le trajet, nous passons le temps en jouant, ce qui me permet de reviser la prononciation americaine de l'anglais. tres sympas ces jeunes Americains. C'est amusant, ils grignotent tout le temps. Arrive a Litang, nous choisissons le meme hotel. Litang est un lieu de passage de nombreux globe-trotteurs. En revenant a l'hotel le soir, je vois un occidental reparer un tandem dans la cours. Vu son effroyable accent franglais, pas de doute, c'est un Francais. Je lui donne des nouvelles des deux Allemands. Ollivier et Elsa voyagent depuis 7 mois en tandem et viennent juste d'avoir un accident avec un tracteur. Des plaies, des bosses, des grosses eraflures, des roues voilees, une fourche tordue... Mais heureusement, rien de casse. Ils repartiront le lendemain, Elsa le bras droit en echarpe, pour de gros deniveles en perspective, chapeau bas. Faire du velo avec un bras inutilisable, est-ce bien raisonnable ?!
Ils revoient a Litang, un autre Francais, Kader, qu'ils retrouvent regulierement depuis l'Asie centrale ; le monde est petit. Kader fait sa "route du kebab" depuis Istanbul. Un couple de cyclistes de lausanne, Ursula et Alain, logent aussi dans notre hotel. Ces deux Suisses ont pris leur retraite le 10 mai 2008 et ont enfourche les velos le meme jour ! L'humour suisse est toujours aussi agreable. Avec tous ces cyclistes, nous parlons beaucoup technique.
Ensuite, je pars pour le sud, pour Xiangsheng, ville frontiere entre le Sichuan et le Yunnan. Je reste encore quelques temps en pays tibetain, mais la population du Yunnan est composee a 50% de nombreuses minorites. En effet, cette region a des frontieres avec le Tibet, le Myanmar, le laos, le Vietnam. Que de bonheur en perspective. Arrive a Xiangsheng, je retrouve Olliver et Elsa. Ils sont plus abimes qu'il y a deux jours, quand je les ai quittes. Ils n'ont plus le choix, continuer en camion. Le lendemain, on se separe pour se retrouver dans le Yunnan, a Shangri La (Zhongdian). Un officiel m'emmene avec son super 4x4, moyennant finance, bien sur. Son gyrophare est bien utile pour passer le check point et pour doubler. Son 4x4 est tres confortable et heureusement, car une partie du trajet m'a rappele les pistes malgaches ; en minibus, ca aurait ete l'horreur. La route est toujours entre 3000m et 5000m et avec de gros deniveles ; je pense aux deux Suisses qui vont passer par la, bravo. Le paysage evolue en forets et les couleurs automnales explosent.
Les costumes traditionnels sont moins beaux, les femmes attachent leur cheveux avec une tresse orange fluo, surprenant !
La vielle ville de Shangri la est tres touristiques, ca change du nord. Les Francais sont tres nombreux dans la Guesthouse. Barley GH est un hotel tres agreable, propre, avec un personnel prevenant ; je le recommande. En plus, ils ont un ordinateur qui accepte les dvd ; du coup, j'ai pu mettre des photos sur ce blog. Avec deux Normands, Yolande et Michel, nous nous balladons dans les environs. Pendant ce temps, Ollivier et Elsa visitent les hopitaux, Ollivier a un serieux probleme a un genou : 15 jours de repos forces ! Le probleme quand on rencontre beaucoup de touristes, c'est qu'ils vous donnent pleins de bons plans. Mais mon visa expire dans une vingtaine de jours, comment faire. Quel dur metier que celui de globe-trotteur... |